L’histoire du PCF

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« L’Histoire du Parti Communiste Français et son rapport aux luttes »

I. Le congrès de Tours : 1920.
II. Les dix premières annèes du PCF : 1920 – 1930.
III. Maurice Thorez et le Front Populaire : les annèes 1930.
IV. La lutte contre le nazisme, la Résistance et la Libération : 1938 – 1947.
V. La répression des communistes : 1947 – 1958.
VI. De Gaule au pouvoir : 1958 – 1969.
VII. Mai 68.
VIII. Les socialistes au pouvoir : 1981 – 1995 et 1997 – 2002.
IX. Conclusion.

I. Le congrès de Tours : 1920

Durant la Première Guerre mondiale, les leaders socialistes votèrent les crédits militaires demandés par les gouvernements bourgeois. A la suite de cette trahison par la sociale démocratie de leurs militants et des ouvriers, Lénine créa la IIIème Internationale (Komintern). Elle avait pour objectif de regrouper tous les partis révolutionnaires de l’époque au niveau mondial.

A la sortie de la Guerre en France, des débats internes au Parti Socialiste émergent. Ces débats s’orientent sur la question de l’adhésion à la IIIème Internationale. Il naît une critique. Les militants se sentent trahit par les dirigeants socialistes n’ayant pas respecté leurs engagements de lutte contre cette guerre de capitaliste. Un besoin de transformation de leur parti se fait ressentir.

Un congrès est donc organisé afin de décider de l’adhésion ou non du parti à la IIIème Internationale. Le sens de ce congrès était de :

Rompre avec la collaboration de classe

Rompre avec la conception d’un parti de bureaucrates, de notables et d’élus pour créer un parti de militant et d’action.

A la fin du congrès de Tours, l’adhésion au Komintern est votée par la majorité des délégués. L’année 1920 marque la rupture avec la sociale démocratie et la création du Parti Communiste Français. Il y a deux raisons à cette adhésion :

La trahison des dirigeants sociaux démocrates pendant la guerre de 14 – 18.

La victoire de la révolution soviétique.

Cette révolution fait émerger l’idée que l’on peut entreprendre une transformation radicale de la société. Elle renforce les partisans de la IIIème Internationale puisque les communistes ont démontré leur détermination à lutter contre cette guerre de capitaliste.

Un problème se pose : Si les facteurs de la création du PCF n’est appréhendée que comme une adhésion à la révolution d’octobre. Alors il n’y a plus de raison que le PCF existe encore aujourd’hui. Or les raisons principales de la création du parti sont bien celle de rompre avec la sociale démocratie qui a trahi les ouvriers et les paysans durant la Première Guerre Mondiale et de munir le peuple d’un parti de lutte et de militants.

II. Les dix premières années du PCF : 1920 – 1930

Les dix première années de la formation du PCF sont chaotiques. Il y a eu une tendance au sectarisme des militants et un balancement entre le réformisme et le gauchisme. Cela était dû à l’hétérogénéité du degré de conscience des adhérents.

Le parti connaît alors beaucoup de départs comprenant également des élus.

Le journal l’humanité, quant à lui, respecte le choix du congrès et reste le journal du Parti Communiste Français.

Ces années correspondent à une période de changement et réorganisation du parti avec entre autre la création des cellules de quartiers et d’entreprises. Les cellules d’entreprises ont une importance capitale pour le parti car elles ont l’avantage d’être présentes au cœur même de la lutte avec le patronat. Contrairement au Parti Socialiste qui n’a pour seule fonction d’investir les institutions, le Parti Communiste Français souhaite être présent sur le terrain des luttes et dans les institutions.

Il existe deux grandes lignes directrices de l’action du PCF :

La solidarité internationale et la lutte anti-coloniale

La lutte contre le patronat, les capitalistes et les gouvernements de droite qui ne veulent pas appliquer une réelle politique sociale

L’action du parti, à ses débuts, se construit étroitement avec les revendications des ouvriers. Il est le seul parti qui lie deux types d’actions : les actions militantes constantes en étant présent dans les entreprises, les quartiers et les syndicats et les actions institutionnelles en participant à toutes les élections.

III. Maurice Thorez et le Front Populaire : les années 1930

Les années 1930 sont une période d’épanouissement pour le parti. En 1930, une nouvelle direction est élue avec Maurice Thorez à sa tête. Elle comporte des personnes plus jeunes et issues du mouvement syndical. Seul quelques socialistes tel que Marcel Cachin restent à la direction.

A cette époque, le PCF développe une politique d’union très large en se différenciant des gauchistes et des socialistes. La crise de 1929 et la montée du fascisme en Europe (Mussolini en Italie, Hitler en Allemagne et en France la manifestation antiparlementaire du 6 février 1934 mené par les croix de feu) pousse le PCF à ces évolutions politiques.

Cette tactique d’union avec la sociale démocratie est à l’initiative du parti. Maurice Thorez souhaite rassembler les socialistes et les radicaux (centre gauche) autour du même objectif : Faire face à l’extrême droite.

Ce rassemblement crée une dynamique politique et sociale qui abouti à une victoire électorale municipale et législative. Le PCF est à 15% et les socialistes prédominent. Les communistes refusent de participer au gouvernement car l’objet de ce gouvernement n’est pas révolutionnaire. Cela semble être une erreur aujourd’hui.

Le PCF joue un rôle important dans le Front Populaire. Ce rassemblement n’était pas qu’une union au sommet, il était surtout une réunion populaire.

Quelques semaines après les élections, la France est en grève. Cette grève qui a immobilisé la France durant un mois permettra la signature des accords de Matignon le 7 juin 1936. Avec ces accords, les ouvriers obtiennent des avancées sociales telle que :

La semaine de 40 heures

Les 15 jours de congés payés

L’augmentation des salaires de 7 à 15%

La mise en place du principe des conventions collectives

L’élection du délégué du personnel

Mais Léon Blum cède peu à peu à la pression des banquiers et du patronnât.

Quant la Guerre Civile d’Espagne éclate, Léon Blum et son gouvernement décrète la « non intervention » malgré les demandes répétées au gouvernement du PCF d’aider les républicains espagnols. Cette décision signe la fin du Front Populaire.

Durant cette période, le PCF s’est renforcé en étant présent dans les luttes et en étant force de proposition. Ce renforcement sera un important apport pour combattre le nazisme.

IV. La lutte contre le nazisme, la Résistance et la Libération : 1938 – 1947

Les intentions guerrières et criminelles de Hitler étaient connues depuis 1933. Pourtant les gouvernements Anglais et Français ont préférés céder aux exigences de l’Allemagne dans l’unique but d’orienter la Wehrmacht contre l’URSS. C’est pour cette raison qu’ils signent le 28 septembre 1938 le traité de Munich. Ils pensent qu’en livrant la Tchécoslovaquie à Hitler, il se détournera ainsi de l’Europe de l’Ouest.

En France, le mot d’ordre de la grande bourgeoisie était « plutôt Hitler que le Front Populaire ». C’est grâce à ce fond anticommuniste et la peur du bolchevisme agitée par Hitler que l’Angleterre et la France ont laissé les mains libres au nazisme.

Cette ligne politique baignée d’anticommuniste primaire dirige encore la droite européenne.

C’est pour cette principale raison qu’en 1939, Staline négocie avec Hitler le pacte de non agression. Cet accord a été mal compris au sein du PCF. Il fût et est toujours un sujet d’attaque violente contre le PCF.

En septembre 1940, Hitler attaque la Pologne. C’est le début de la seconde guerre mondiale. Après le renversement du Front Populaire, les communistes sont les premières victimes du gouvernement Daladier. Le PCF est dissous et les députés communistes sont déportés dont le père de Guy Moquet. Le 10 mars 1940, le décret Sérol est voté. Il préconise la peine de mort à tout individu accusé d’activités communistes.

En mai 1940, l’Allemagne entame sa guerre éclaire sur la France. Les défenses françaises n’étant pas organisées, la France capitule au bout de 43 jours. Le pouvoir est remis à Pétain qui installe un gouvernement de collaboration avec les nazis.

Le PCF est alors une organisation illégale, désorganisée et très dispersée. Pourtant, il coordonne la première action de résistance intérieure. A la même période en Angleterre, le Général De Gaulle organise la résistance extérieure avec les militaires l’ayant rejoints à Londres.

Ces deux actions de résistance se conjuguent et convergera vers le Conseil National de la Résistance. Le PCF est le seul parti présent dans la résistance.

La victoire de l’Armée Rouge sur la Wehrmacht à Stalingrad constitue le tournant géopolitique de la seconde guerre mondiale. L’URSS sort vainqueur de son affrontement avec le nazisme et libère toute l’Europe de l’Est. Le rayonnement en France à la libération de l’Armée Rouge et du PCF est important. Ce n’est donc pas un hasard, si le programme du CNR est très inspiré par les idées communistes et qu’il sera le premier programme de la France Libérée.

Malgré l’influence des Etats-Unis sur la politique française, l’autorité du PCF en 1944 est énorme. Il aura 25% à 28% d’influence électorale et ce jusqu’en 1956. Le rôle du PCF et des communistes dans la résistance oblige les autres forces politiques de composer avec lui.

De 1944 à 1947, le gouvernement comprend des ministres communistes. Les ministères donnés aux communistes n’étaient en cas de seconde zone. Les dossiers ministériels des communistes ont joué un rôle important, principal et déterminant pour l’évolution social de cette époque.

De 1945 à 1946, les ministres communistes tel qu’Ambroize Croisat ou Maurice Thorez ont obtenu :

La nationalisation d’EDF et de GDF

La création de la sécurité sociale

La création du statut des fonctionnaires

Et de 1946 à 1947, les communistes obtiennent la création des comités d’entreprises.

En 1947 sous la pression des Etats-Unis, une inflexion gouvernementale est donnée pour le blocage des salaires et le débat que crée la Guerre d’Indochine permettent l’éviction des communistes du gouvernement. Ils sont écartés des postes gouvernementales sous le prétexte que le PCF et les ministres communistes soutiennent les ouvriers grévistes de Renault.

En parallèle, la CIA finance FO afin de diviser le mouvement syndical ouvrier.

Après l’éviction de 1947, la France entre dans une période de répression et de recul social.

V. La répression des communistes : 1947 – 1958

La période de 1947 à 1958 est caractérisée par la répression des membres du PCF et par le recul social de la France.

Cette répression s’exprime à travers l’emprisonnement de ces dirigeants tel que Henri Martin condamné pour trahison après avoir fait de la propagande anti-guerre au sein de l’armée en Indochine.

Le PCF lutte contre la coalition de la droite et des socialistes au sein d’un même gouvernement. Ce style de gouvernement dit de la 3ème force est réétudié par certain en ce moment.

Une période de grande lutte de solidarité avec les peuples vietnamien et algérien s’entame. Durant la Guerre d’Algérie, des pages entières de l’Humanité sont censurées. La bataille est difficile et à contre courant mais l’action du parti est un facteur déterminant de la victoire vietnamienne et algérienne.

Le XXème congrès du parti communiste soviétique à lieu à Moscou en 1956. Les délégués du PCF n’ont pas mesuré l’ampleur des problèmes qui existaient en URSS. Ils n’ont pas souhaité traiter la question du stalinisme et ils ont préféré taire la critique faite par les membres du parti soviétique.

Est-ce parce qu’ils n’y croyaient pas ou est-ce par crainte d’ébranler la conviction des camarades et par peur de donner des armes aux anticommunistes ?

Cette critique du stalinisme par le PCF sera faite à la fin des années 1960 et au début des années 1970 par Waldeck Rochet et Georges Marchais.

VI. De Gaule au pouvoir : 1958 – 1969

Avec l’arrivée de De Gaulle au pouvoir, il y a un grand changement institutionnel (la Vème République). Le système est plus centralisé et moins démocratique.

De Gaulle introduit l’élection du président de la République au suffrage universel. On assiste alors à une hyper dimension du pouvoir présidentiel.

De Gaulle est porté au pouvoir avec 80% des voix grâce à l’appuie des socialistes. Les communistes restent donc la seule force politique à se battre face à la droite. Le gouvernement de De Gaulle tente d’attaquer la sécurité sociale. Les luttes sociales reprennent pour défendre la sécurité sociale et en parallèle pour défendra la paix en Algérie.

Sur le plan économique, il instaure un lien étroit entre l’Etat et le capital. Avec l’accroissement du pouvoir du capital, des problèmes émergent tel que l’augmentation durable du chômage et la précarisation de l’emploi. Durant cette période, l’idée que l’on ne peut pas changer le système devient dominante. L’émergence de ce fatalisme pose problème au PCF car il est le seul à s’inscrire dans le changement social.

Il y a une première alerte électorale en 1965, la première élection au suffrage universel. Le parti ne présente pas de candidat. Cela se révèle être une erreur qui donnera un élan au parti socialiste au détriment des communistes. Toute fois, le mécontentement monte rapidement jusqu’à l’explosion de 1968.

VII. Mai 68

L’explosion de mai 1968 à deux origines :

Le mouvement étudiant

Le mouvement social

C’est l’union de la lutte étudiante et ouvrière qui a été difficile notamment à cause des gauchistes.

Ces événements du printemps 1968 à traverser le monde. Pourtant en France, Mai 68 a une ampleur particulière. Le mouvement étudiant est suivi par une grève des ouvriers qui va paralyser le pays.

Le bilan de 1968 est contradictoire. Le bilan social est important avec :

L’augmentation du SMIC de 35%

Reconnaissance des sections syndicales dans les entreprises

Pourtant sur le plan politique, le parti cherche un débouché politique unitaire mais le parti socialiste et les gauchistes refusent de s’allier aux communistes. Des élections sont provoquées par De Gaulle à la suite des événements de mai 68. C’est une victoire de la droite après un énorme mouvement social et cela car aucune alternative politique n’était porté par une gauche unie. Le parti socialiste avec une politique droitière n’obtient que 3% des voix aux élections présidentielles et le candidat communiste Jacques Duclos obtient 20% dans ce contexte particulier.

VIII. Les socialistes au pouvoir : 1981 – 1995 et 1997 – 2002

Le PCF reprend la bataille militante pour la constitution d’un programme commun en 72 afin de battre la droite. Le problème du programme commun est qu’il a créé la plus grande des confusions entre le PCF et le PS. Il a également créé des illusions énormes sur le PS qui marquera la suite de la vie politique française. Cette initiative du PCF a renforcé le rapport de force en faveur des socialistes et a affaibli le parti dans un contexte où les luttes sociales sont devenues de plus en plus difficiles.

Les socialistes sont trois fois au pouvoir de 1981 à 1995 et de 1997 à 2002. Il y a eu à deux reprises des ministres communistes (1981 – 1984, 1997 – 2002.)

Sur le plan économique et social, les socialistes ne veulent pas affronter la domination capitaliste. Le bilan des gouvernements de gauche reste donc limité, contradictoire et même négatif.

Ils ne font que des réformes sociétales telle que l’abolition de la peine de mort. Ils nationalisent des entreprises sans changer leur mode de gestion et sans attribution de nouveaux pouvoirs aux salariés. Ces nationalisations n’ont donc rien changé. Au contraire, elles ont abouties à leur privatisation par la droite et les socialistes en 1997 avec la collaboration de ministre communiste (Gayssot). La réforme de la durée légale du travail (les 35h) est également ambivalente. Cette réforme aurait dû être une avancée sociale mais elle est ambiguë puisqu’elle n’a pas été menée jusqu’au bout.

Le PCF paye encore le prix de sa participation au gouvernement de la Gauche Plurielle car il n’y a pas eu avec des ministres communistes au gouvernement de grande avancée sociale au contraire.

IX. Conclusion

Lorsque nous regardons les dix dernières années, il y a eu de grandes luttes sociales (novembre et décembre 1995 et mars 2006) sans conquête. C’est un élément de réflexion critique sur notre capacité à produire des contres propositions.

Il faut que le PCF, plus que tout autre parti, soit en capacité de travailler en permanence dans les luttes et dans les institutions avec nos propositions afin de faire émerger l’idée que des conquêtes sociales sont possibles. Nous ne devons pas nous placer uniquement en position de défense de nos acquis sociaux. Il faut prouver à tous que le PCF est un parti force de propositions et de progrès sociale.

Nicolas Marchand.